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Transport au Maroc : tram, bus, taxi et train

Quand on s'installe au Maroc, on pose beaucoup de questions sur le logement, les loyers, les quartiers. Mais il y a une question qu'on oublie presque toujours, et qui pourtant décide de notre qualité de vie au quotidien : comment vais-je vraiment me déplacer ?

Houmtna21 min de lecture3
Transport au Maroc : tram, bus, taxi et train

Quand on s'installe au Maroc, on pose beaucoup de questions sur le logement, les loyers, les quartiers. Mais il y a une question qu'on oublie presque toujours, et qui pourtant décide de notre qualité de vie au quotidien : comment vais-je vraiment me déplacer ?

La réponse a radicalement changé ces dernières années. En 2012, Casablanca n'avait qu'une seule ligne de tramway. En 2024, la ville en comptait quatre, plus deux lignes de bus en site propre — et le réseau ne cesse de s'étendre à l'approche de la Coupe du monde 2030. Rabat, Salé, Tanger, Marrakech, Agadir investissent massivement dans leurs transports urbains. Le train, lui, a été transformé par l'arrivée de l'Al Boraq, le premier TGV d'Afrique, qui relie Casablanca à Tanger en 2h10 au lieu de 4h45.

Se déplacer au Maroc sans voiture est aujourd'hui non seulement possible, mais souvent plus intelligent que de subir le trafic et le stationnement. Encore faut-il connaître les codes : le petit taxi et le grand taxi ne fonctionnent pas pareil, les tarifs des trams varient d'une ville à l'autre, et le réseau de train ne dessert pas toutes les villes du pays.

Ce guide fait le tour complet des modes de transport au Maroc — tramway, bus, taxi, train, autocar interurbain — avec les tarifs indicatifs, les horaires à connaître et les conseils pratiques par ville, pour que vous choisissiez le bon moyen de transport selon votre situation et votre quartier.


1. Le tramway : la colonne vertébrale des grandes villes

Le tramway est le mode de transport qui a le plus changé la vie des grandes villes marocaines. Confortable, régulier, à l'heure, il est devenu le premier réflexe des habitants pour les trajets domicile-travail.

Casablanca : quatre lignes de tram et deux lignes de Busway

Casablanca a inauguré sa première ligne de tramway (T1) en décembre 2012, suivie de la T2 en 2019. La grande nouveauté est arrivée le 23 septembre 2024 avec la mise en service des lignes T3 et T4, qui portent le réseau de transport en site propre de la métropole à près de 100 km — trois fois plus qu'à l'origine.

  • T1 : Lissasfa ↔ Sidi Moumen (ouverte en 2012)
  • T2 : Aïn Diab Plage ↔ Sidi Bernoussi (ouverte en 2019)
  • T3 : Gare de Casa-Port ↔ Hay El Wahda (ouverte en 2024, 14 km, 20 stations)
  • T4 : Parc de la Ligue Arabe ↔ Moulay Rachid (ouverte en 2024, 12,5 km, 19 stations)
  • Busway BW1 et BW2 : deux lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) en site propre, complémentaires du tram

Le tram circule tous les jours d'environ 5h30 à 22h30, avec une fréquence de passage qui devrait atteindre 5 minutes à terme sur chaque ligne. Il est exploité par RATP Dev Casablanca, sous la supervision de l'autorité organisatrice Casa Transports.

Rabat et Salé : le tramway des deux rives

Le tramway de Rabat-Salé, en service depuis 2011, relie les deux villes séparées par le fleuve Bouregreg. Deux lignes desservent notamment Hay Karima (Salé), la gare de Rabat-Agdal, Madinat Al Irfane, Yaacoub El Mansour et l'hôpital Moulay Abdellah. Pour traverser le pont entre Rabat et Salé aux heures de pointe, le tram est presque toujours plus rapide que la voiture.

Les tarifs des tramways au Maroc

Les tarifs évoluent régulièrement. Pour le prix du ticket de tramway à Casablanca comme pour l'abonnement à Rabat-Salé, voici les ordres de grandeur en vigueur à titre indicatif :

VilleTicket unitaireAbonnement mensuelAbonnement étudiant (-26 ans)
Casablanca8 DH (1 voyage) ou 14 DH (2 voyages)230 DH/mois150 DH/mois
Rabat-Salé7 DH (depuis juillet 2025)270 DH/mois160 DH/mois

À Casablanca, la carte rechargeable coûte 15 DH (valable 5 ans) et le voyage passe alors à 6 DH — c'est l'option la plus intéressante dès qu'on prend le tram régulièrement. À Rabat-Salé, un billet combiné « Tram+Bus » (10 DH) permet de poursuivre son trajet en bus, notamment vers Témara.

Le conseil pratique : validez toujours votre titre de transport en montant, même avec un abonnement. L'amende pour défaut de validation est de 50 à 150 DH selon le réseau.

L'effet tramway sur les quartiers

Le tramway n'est pas qu'un moyen de transport : c'est un marqueur de quartier. Un logement à moins de dix minutes à pied d'une station de tram se loue et se vend plus cher — et les prix grimpent souvent dès l'annonce de la construction d'une nouvelle ligne. Pour choisir un quartier, la carte du tram et des projets de bus en site propre est donc une donnée précieuse. Un quartier mal desservi en transport en commun au Maroc peut être 20 % moins cher à l'achat, mais beaucoup plus coûteux en temps et en essence au quotidien.


2. Le bus : le réseau du quotidien en pleine révolution

Le bus reste le mode de transport le plus utilisé par les Marocains. Il traverse aussi une transformation historique : le pays a lancé un plan national de modernisation du transport urbain par bus qui doit déployer plus de 3 700 nouveaux autobus sur la période 2025-2029, pour un budget d'environ 11 milliards de dirhams.

À Casablanca

Le réseau de bus de Casablanca, longtemps critiqué pour la vétusté de sa flotte, est en pleine refonte sous l'égide de Casa Transports. Les nouvelles lignes de bus à haut niveau de service (Busway BW1 et BW2), qui circulent en site propre, offrent une alternative fiable au tram dans les zones qu'il ne dessert pas. Le plan de déplacements urbains actualisé prépare la restructuration complète du réseau de bus à l'horizon 2030.

À Rabat

La capitale dispose d'un réseau de bus dense, complété par le tramway. Le billet combiné « Tram+Bus » simplifie les correspondances, en particulier entre Salé, Rabat et Témara.

À Marrakech

Marrakech a vécu un changement majeur en décembre 2025 : l'opérateur Supratours (filiale bus de l'ONCF) a succédé à la société espagnole ALSA, qui gérait le réseau urbain depuis 26 ans. Une flotte de 349 autobus de nouvelle génération est en cours de déploiement (climatisation, Wi-Fi, caméras, accessibilité PMR), dont 15 bus électriques. Le réseau est restructuré autour de 6 lignes à haute performance, 13 lignes de base et des lignes de rabattement vers les quartiers. Un projet de ligne de BHNS (bus à haut niveau de service) sur le boulevard Hassan II est à l'étude, priorité de la première ligne T1.

À Tanger et Agadir

Tanger et Agadir bénéficient aussi du plan national : 476 nouveaux bus pour Tanger, 274 pour Agadir, livrés dans le cadre de sociétés de développement local (Tanja Mobilité, Agadir Mobility). Tanger prépare par ailleurs son propre système de BHNS.

Le prix du bus au Maroc

Le ticket de bus se paie au conducteur ou à la montée, et coûte généralement entre 5 et 7 DH selon la ville et le réseau — à titre indicatif. Les nouvelles flottes déploient progressivement des systèmes de billetterie numérique et de paiement sans contact.

Le conseil pratique : certains quartiers sont bien desservis en bus en semaine et presque orphelins le dimanche ou après 22h. Avant de choisir un quartier, vérifiez la fréquence réelle des lignes le soir et le week-end, pas seulement le matin.


3. Les taxis : petit taxi, grand taxi et applications

Le taxi est une institution marocaine. Mais pour bien l'utiliser, il faut connaître la différence entre le petit taxi et le grand taxi — deux mondes très différents.

Le petit taxi : le taxi de la ville

Le petit taxi est le taxi urbain classique, avec compteur, limité au périmètre de sa ville. Sa couleur change d'une ville à l'autre : rouge à Casablanca, bleu à Rabat, beige à Marrakech, blanc à Agadir… Il peut transporter jusqu'à trois passagers.

  • Le compteur : demandez toujours « compteur, s'il vous plaît ». Si le chauffeur refuse, fixez le prix avant de monter.
  • La majoration de nuit : légalement, les tarifs augmentent d'environ 50 % entre 20h et 6h. C'est normal, c'est inscrit dans la réglementation.
  • Les prix : à titre indicatif, un court trajet en ville coûte entre 15 et 30 DH, un trajet moyen (5 à 8 km) entre 40 et 70 DH. La prise en charge à Casablanca est d'environ 7 DH, avec un tarif au kilomètre en supplément.

Le grand taxi : le taxi partagé interurbain

Le grand taxi est un taxi partagé qui relie les villes et les villages. Ce sont souvent de grandes berlines (type Mercedes) qui transportent jusqu'à six passagers, chacun payant « sa place ». Le tarif se négocie ou suit des barèmes fixes par destination — demandez le prix aux autres passagers ou au chauffeur avant de monter. Le grand taxi ne part généralement que lorsqu'il est plein : prévoyez de la marge sur les horaires. C'est le moyen de transport le plus utilisé pour les trajets de 10 à 100 km non desservis par le train ou par un bus confortable.

Les applications de transport au Maroc : un cadre juridique encore en évolution

Depuis quelques années, les applications ont bouleversé le transport urbain marocain — mais leur statut juridique reste en évolution. À ce jour, les autorités considèrent que seuls les taxis détenteurs d'une licence (agrément) sont habilités à transporter des passagers. Le ministère de l'Intérieur a rappelé en 2025 et 2026 que les chauffeurs exerçant via certaines applications sans autorisation s'exposent à des sanctions — saisie du véhicule, poursuites pénales pour transport clandestin — sur le fondement du dahir 1.63.260 et de la loi 52.05. Un cadre réglementaire spécifique aux applications est en préparation, mais n'est pas encore en vigueur : vérifiez l'état de la réglementation avant d'utiliser ces services, et privilégiez les options alignées sur le cadre légal.

Les principales applications en 2026 :

  • Careem : l'option la plus conforme au cadre actuel, car les courses sont assurées par des chauffeurs de taxi licenciés. Prix affiché à l'avance, paiement en espèces ou par carte. Bonne couverture à Casablanca, Rabat et Marrakech.
  • inDrive : très populaire (c'est vous qui proposez le prix, le chauffeur accepte ou négocie), mais son modèle — des chauffeurs privés sans agrément — évolue dans une zone juridique grise.
  • Uber : de retour au Maroc depuis novembre 2025, à Casablanca et Marrakech, en s'appuyant exclusivement sur des véhicules de transport touristique agréés. Le cadre juridique des plateformes reste en évolution : le dossier de concentration Uber-Careem est toujours en attente de décision du Conseil de la concurrence.
  • Yango, Heetch, Bolt : présentes dans les grandes villes, avec une couverture qui varie fortement selon les villes et les mois — et le même flou réglementaire.

Le conseil pratique : pour les arrivées d'aéroport, les nuits tardives ou les bagages nombreux, privilégiez les taxis officiels au compteur, une course réservée via une application agréée comme Careem, ou un transfert organisé par votre logement. Si vous utilisez une application non agréée, faites-le en connaissance de cause : le conducteur peut être contrôlé et le véhicule saisi en cours de route.


4. Le train : l'ONCF, du TGV au train de banlieue

Le train marocain est exploité par l'ONCF, qui gère environ 2 100 km de voies reliant les principales villes : Casablanca, Rabat, Kénitra, Tanger, Fès, Meknès, Marrakech, Oujda… On distingue trois familles de trains, qu'il est important de ne pas confondre.

Al Boraq : le TGV marocain

Al Boraq est le premier train à grande vitesse d'Afrique, en service depuis novembre 2018. Il relie Tanger à Casablanca en environ 2h10 à 320 km/h — contre plus de 4h30 en train classique avant son arrivée — avec des arrêts à Kénitra et parfois Rabat. La réservation est obligatoire et le siège est numéroté : impossible de monter debout comme sur un train classique.

  • Tarifs indicatifs (2e classe) : Casablanca ↔ Tanger, compter 150 à 220 DH en réservant à l'avance. Les prix suivent une politique de « revenue management » : plus vous réservez tôt, moins vous payez.
  • Tarifs indicatifs (1re classe) : 230 à 320 DH. Les sièges sont plus larges, l'ambiance plus calme — un vrai plus les vendredis et dimanches soir.

Les TNR : le train de banlieue des navetteurs

Les Trains Navettes Rapides (TNR) sont le « RER marocain » sur le corridor Casablanca – Rabat – Kénitra. Cadencés aux heures de pointe, ils sont le moyen de transport privilégié des navetteurs qui travaillent à Casablanca et vivent à Rabat, Salé ou Kénitra (et inversement). Des abonnements hebdomadaires ou mensuels existent sur ces tronçons pour les voyageurs réguliers. Le TNR dessert aussi l'aéroport Mohammed V de Casablanca : un train toutes les heures, de 5h à 23h, qui relie l'aéroport à la gare de Casa Voyageurs en environ 35 minutes.

Al Atlas : les intercités

Les trains Al Atlas (intercités) relient les grandes villes non desservies par la grande vitesse. À titre indicatif :

TrajetDurée typiqueTarif 2e classe (indicatif)
Casablanca ↔ Rabat (TNR)environ 1hquelques dizaines de dirhams, abonnements navette
Casablanca ↔ Marrakech2h40 à 3h2090 à 160 DH
Casablanca ↔ Fès3h45 à 4h30110 à 190 DH
Casablanca ↔ Tanger (Al Boraq)2h10150 à 220 DH

L'extension de la grande vitesse Kénitra – Marrakech est en chantier, avec de nouvelles gares prévues à Casablanca (Casa-Sud) : l'armature ferroviaire du pays va encore changer d'échelle d'ici 2030.

Ce que le train ne dessert pas

Point important : le rail marocain couvre l'axe atlantique et le nord du pays, mais laisse de côté le Sud et le Haut Atlas. Il n'y a pas de train vers Agadir, Essaouira, Ouarzazate ou Chefchaouen — il faudra combiner train et autocar, ou prendre un chauffeur privé. Pour le désert (Merzouga, Zagora…), le train s'arrête bien avant.

Le conseil pratique : pour tout achat de billet, utilisez le site oncf.ma ou l'application mobile ONCF Voyages : les billets y sont souvent moins chers qu'en gare, et vous réservez votre place. Pour les départs du vendredi soir et les retours du dimanche, réservez plusieurs jours à l'avance.


5. Les autocars interurbains : CTM et Supratours

Là où le train ne passe pas, l'autocar interurbain prend le relais. Deux opérateurs dominent le marché :

  • CTM : le réseau historique, avec des bus confortables (climatisation, Wi-Fi sur une partie de la flotte) vers quasiment toutes les villes du Maroc, y compris Essaouira, Agadir, Ouarzazate, Chefchaouen.
  • Supratours : la filiale bus de l'ONCF, qui complète le réseau ferroviaire (billets combinés train + bus disponibles) et exploite désormais aussi les bus urbains de Marrakech.

Les autocars sont moins chers que le train sur la plupart des trajets, mais plus lents. Ils sont incontournables pour les villes du Sud et de l'Atlas. Les billets s'achètent en ligne ou en gare routière ; sur les grands axes (Casablanca ↔ Agadir, Marrakech ↔ Essaouira), réservez à l'avance en été et pendant les fêtes.


6. Quel moyen de transport pour quel profil ?

Le bon moyen de transport dépend de votre situation, de votre budget et de votre quartier. Voici un tableau de synthèse :

ProfilTransport recommandéPourquoi
ÉtudiantTram, bus, abonnement étudiantLes abonnements étudiants (-26 ans) sont très avantageux : 150 DH/mois à Casablanca, 160 DH à Rabat.
Actif à CasablancaTram + Busway, ou TNR si navetteLe réseau en site propre (tram/BHNS) est la seule alternative fiable à la voiture dans les bouchons.
Navetteur Rabat–CasablancaTNR (train)Environ 1h de trajet, abonnements navette, beaucoup plus rapide que la route aux heures de pointe.
Famille avec voitureVoiture + tram pour les trajets en villeLa voiture reste reine pour les courses et les écoles, mais le tram évite le stationnement au centre.
Trajets interurbains fréquentsAl Boraq / trainPlus confortable et souvent plus rapide que la route sur les grands axes.
Villes non desservies par le railCTM / Supratours / grand taxiAgadir, Essaouira, Ouarzazate, Chefchaouen… se rejoignent en autocar ou en grand taxi.

7. Transport et choix du quartier : la connexion à ne pas rater

Le transport est probablement le critère le plus sous-estimé quand on choisit un quartier au Maroc — et le plus coûteux quand on se trompe. Deux heures de trajet par jour, c'est dix heures par semaine, l'équivalent d'une semaine de travail de plus chaque mois, sans salaire.

Quand vous visitez un quartier, posez-vous systématiquement ces questions :

  • À quelle distance se trouve la station de tram ou l'arrêt de bus la plus proche ? Peut-on vraiment y aller à pied ?
  • Le quartier est-il desservi le soir et le week-end, ou seulement en semaine ?
  • Le dernier tram ou bus repart à quelle heure ? À minuit, combien coûte le retour en taxi ?
  • Y a-t-il une gare de train proche ? Un quartier à dix minutes d'une gare peut rendre possible une vie entre deux villes (Rabat ↔ Casablanca, par exemple).
  • Le stationnement est-il inclus, et à quel prix ? Dans les quartiers denses, une place de parking se loue parfois séparément.

La mobilité n'est pas un détail : elle détermine vos options de travail, de loisirs et de vie sociale. Un quartier parfait pour un couple avec une voiture peut être infernal pour un étudiant qui compte sur les transports en commun. Pour la méthode complète, lisez notre guide pour choisir le bon quartier avant de s'installer au Maroc.


8. Le budget transport au Maroc : combien ça coûte vraiment

Le transport est un poste budgétaire majeur, souvent mal estimé. Voici des ordres de grandeur mensuels à titre indicatif :

Mode de transportCoût mensuel indicatifDétails
Tramway (abonnement)150 à 270 DHSelon la ville et le statut (étudiant ou non).
Bus (achat de tickets)200 à 400 DH2 à 4 trajets par jour à 5-7 DH, hors abonnement.
Petit taxi (usage ponctuel)300 à 800 DH3 à 8 courses par semaine de 15 à 70 DH.
VTC (Careem, inDrive…)400 à 1 200 DHSelon la fréquence ; plus cher que le taxi urbain classique sur les trajets courts.
Voiture (tout compris)2 000 à 4 000 DHEssence, assurance, entretien, stationnement, amortissement.
Train (navette quotidienne)500 à 1 200 DHCasablanca ↔ Rabat en abonnement ; plus cher sans abonnement.
Autocar interurbainAu trajetEx. Marrakech ↔ Essaouira : 60 à 90 DH par trajet (indicatif).

La bonne nouvelle pour le portefeuille : un couple qui renonce à une seconde voiture et combine tram + taxi ponctuel économise facilement 1 500 à 2 500 DH par mois, soit l'équivalent d'un loyer dans certains quartiers. Pour un budget complet loyer compris, consultez notre article sur le coût de la vie au Maroc.


9. Les erreurs à éviter avec les transports au Maroc

Certaines erreurs reviennent constamment, chez les nouveaux arrivants comme chez les habitués.

Se fier aux distances en kilomètres

À Casablanca, 8 km peuvent prendre 15 minutes à 6h30 et 45 minutes à 8h30. Ce qui compte, c'est le temps réel aux heures où vous voyagez vraiment. Testez vos trajets aux vraies heures de pointe, pas un samedi après-midi.

Choisir son quartier sans vérifier le dernier retour

Un quartier bien desservi en journée peut être inaccessible le soir. Vérifiez l'heure du dernier tram, du dernier bus, et le coût du taxi de retour avant de signer un bail.

Refuser de payer la majoration de nuit

La majoration de nuit (environ 50 % entre 20h et 6h) est légale. La refuser systématiquement, c'est s'exposer à des conflits inutiles. Négociez plutôt sur le compteur le jour, et acceptez la règle du jeu le soir.

Prendre un grand taxi sans fixer le prix

Le grand taxi est un taxi partagé à la place. Toujours fixer le prix avant de monter, et vérifier avec les autres passagers pour éviter la surprise au terminus.

Croire qu'on peut tout faire en train

Le rail marocain ne dessert ni le Sud, ni l'Atlas, ni Essaouira. Prévoir des correspondances en autocar (CTM ou Supratours) ou en grand taxi pour ces destinations.

Sous-estimer le stationnement

Dans les quartiers denses (Gauthier, Maârif, centre-ville de Rabat…), la voiture est un handicap plus qu'un atout. Le coût d'une place de parking se compare à un abonnement de tram — et le tram n'a jamais de bouchons.


10. La checklist avant de choisir son moyen de transport

CritèreÀ vérifier
Temps de trajetTesté aux vraies heures de pointe, aller et retour
Dernier retourHeure du dernier tram/bus, coût du taxi après 23h
Fréquence week-endMême service le dimanche et après 22h ?
AbonnementsÉtudiant, navette, mensuel : quel coût réel ?
StationnementPlace incluse ? À quel prix ? Rue saturée ?
Gare procheTrain utilisable pour le travail ou les voyages ?
ApplicationsApplication agréée ou taxi réservable couverts dans mon quartier ?
Budget completTransport + loyer + courses comparés entre quartiers

Conclusion

Le transport au Maroc a changé de visage en dix ans : quatre lignes de tram à Casablanca, un réseau de bus en cours de modernisation dans tout le pays, le premier TGV d'Afrique, et des applications de transport urbain dans les grandes villes. Se déplacer sans voiture n'est plus une exception réservée aux budgets serrés : c'est souvent le choix le plus intelligent, le plus rapide et le plus agréable.

La clé, c'est d'adapter son mode de transport à son profil et à son quartier. Un étudiant choisira un quartier à dix minutes d'un arrêt de tram et un abonnement à 150 DH. Un navetteur Casablanca–Rabat investira dans un abonnement TNR. Une famille avec voiture arbitrera entre stationnement et tram pour les trajets du centre. Et pour le reste — le Sud, l'Atlas, les villages — les autocars et les grands taxis restent les rois de la route.

Comparez les quartiers du Maroc sur Houmtna : transports, commerces, sécurité, ambiance, vous y trouverez les informations pour choisir un quartier bien desservi et un logement adapté à votre vie quotidienne. Bien choisir son transport, c'est déjà bien choisir son quotidien.


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Par Houmtna · Houmtna

Questions fréquentes

1. Comment se déplacer à Casablanca sans voiture ?

Le tramway (quatre lignes : T1, T2, T3, T4), le bus et les lignes de Busway (BW1, BW2) couvrent l'essentiel de la ville. Pour les trajets courts ou la nuit, les petits taxis rouges au compteur et les applications agréées comme Careem complètent le réseau.

2. Combien coûte le tramway à Casablanca ?

À titre indicatif, le ticket unitaire coûte 8 DH (un voyage) ou 14 DH (deux voyages). Avec la carte rechargeable (15 DH, valable 5 ans), le voyage revient à 6 DH. L'abonnement mensuel est à 230 DH, et 150 DH pour les étudiants de moins de 26 ans.

3. Comment rejoindre l'aéroport Mohammed V de Casablanca ?

Le train TNR relie l'aéroport à la gare de Casa Voyageurs en environ 35 minutes, toutes les heures de 5h à 23h. Le bus Aérobus, l'option la plus économique, relie le centre-ville (Casa Port, place des Nations Unies, parc de la Ligue Arabe) à l'aéroport pour 50 DH, avec des départs toutes les 25 à 40 minutes, jour et nuit. En grand taxi (tarif forfaitaire) ou via une application agréée, comptez environ 250 à 300 DH depuis le centre-ville (indicatif).

4. Combien coûte le train Al Boraq de Casablanca à Tanger ?

Le billet en 2e classe coûte entre 150 et 220 DH environ selon le moment de la réservation, et entre 230 et 320 DH en 1re classe. Le trajet dure 2h10. Réservez tôt sur oncf.ma pour bénéficier des meilleurs tarifs.

5. Quelle est la différence entre le petit taxi et le grand taxi ?

Le petit taxi est le taxi urbain avec compteur, limité à sa ville, jusqu'à trois passagers. Le grand taxi est un taxi partagé interurbain, jusqu'à six passagers, qui fonctionne « à la place » et se négocie. Chaque ville a sa couleur de petit taxi (rouge à Casablanca, bleu à Rabat, beige à Marrakech).

6. Quelles applications de taxi fonctionnent au Maroc ?

Careem est l'option la plus conforme au cadre légal actuel : les courses sont assurées par des chauffeurs de taxi licenciés (Casablanca, Rabat, Marrakech). inDrive est très populaire avec ses prix négociables, mais son modèle évolue dans une zone juridique grise : les autorités rappellent que seuls les taxis agréés sont autorisés à transporter des passagers. Uber a annoncé son retour fin 2025 (Casablanca, Marrakech), sans statut juridique clairement tranché. Yango, Heetch et Bolt sont présents dans les grandes villes, avec une couverture variable. Un cadre réglementaire dédié est en préparation.

7. Faut-il une voiture pour vivre au Maroc ?

Pas nécessairement dans les grandes villes : le tram, le bus et les taxis couvrent la plupart des besoins, souvent plus vite que la voiture aux heures de pointe. En revanche, une voiture devient quasi indispensable dans les petites villes, les zones rurales et pour les familles nombreuses.

8. Comment se déplacer entre les villes au Maroc ?

Le train ONCF (Al Boraq, TNR, Al Atlas) est le plus confortable sur les grands axes (Tanger, Rabat, Casablanca, Fès, Marrakech). Pour les villes non desservies par le rail (Agadir, Essaouira, Ouarzazate, Chefchaouen), prenez un autocar CTM ou Supratours, ou un grand taxi pour les distances courtes.

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